Semaine Sainte à Poitiers – 2014

Karakoch, Homs… il y a quelques temps encore ces villes n’étaient que des noms sur une carte, des images effroyables sur nos écrans. Mais depuis quelques semaines, pour nous, elles ont pris visage humain. Des familles irakiennes et syriennes sont arrivées sur Poitiers hébergées par le diocèse, une famille et deux communautés religieuses dont la nôtre.

Petit à petit nous nous apprivoisons, essayant de communiquer avec les mains, quelques mots du dictionnaire et beaucoup de fous rires !!! Heureusement, une partie de la famille que nous accueillons est installée à Poitiers depuis plusieurs années et assure la traduction par téléphone, ou encore notre frère dominicain Youssef. Les échanges culinaires font le reste !

Ces arrivées ont coloré de façon singulière les fêtes pascales. La messe des Rameaux et le triduum ont été célébrés en arabe dans notre chapelle. Jeudi saint, chacun avait apporté de quoi faire un buffet pour partager le repas avant que tous se retrouvent avec la communauté pour lire l’Evangile de Jean en arabe et en Français. Dans un tel contexte, des phrases auxquelles nous ne prêtons parfois plus attention reprennent toute leur densité à l’image de ce verset : «On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu » (Jn 16,2). Vendredi saint, c’est le rite maronite qui a guidé notre prière, accordant une place de choix à Marie au pied de la Croix (cf. photo). Enfin, samedi, à l’invitation de l’archevêque, Mgr Wintzer, c’est toute la communauté chrétienne de Poitiers qui a accueilli la communauté arabophone pour entrer ensemble dans la grande nuit de la résurrection : bénédiction du feu nouveau par fr Youssef, en arabe. A Poitiers, tout un symbole… Puis chant de l’Exultet. Nos frères d’Orient ont ensuite rejoint notre chapelle en procession pour poursuivre la célébration dans leur langue. Dans cet élan pascal, il leur faut désormais recommencer une nouvelle vie, pour combien de temps ? Nul ne le sait… Ils savent qu’ils peuvent compter sur des frères et des sœurs…